Jean-Jacques Banchet se met à table !

Maître queux du festival depuis 2014, l’adjoint en charge de la culture, de l’international et de l’évènementiel,
sommelier à la retraite, évoque une 18e édition culinaire de Roanne Table Ouverte au goût pas comme les autres.

Quelle est la portée de RTO sur le territoire roannais ?
Notre festival célèbre ses 17 ans. En 2003, RTO a été créé pour répondre à une demande des restaurateurs, qui sont souvent confrontés à une période creuse en octobre. Avec cette particularité d’allier, pour toutes les bourses, des expériences et des approches communes pour les gastronomes et les amateurs de culture. Chaque année, il y a une attente du public ! L’objectif n’est pas d’être élitiste, nous souhaitons que tous les Roannais puissent participer. RTO connaît un succès croissant, avec des clients fidèles et de plus en plus jeunes. Nous voulons rester le plus pointu possible ; la qualité prédomine.

Comment décrire la gastronomie roannaise ?
Je la qualifierais de bistronomique* ! Soit une cuisine recherchée, servie dans de petites quantités et accessible à tous les revenus. Beaucoup de Lyonnais vantent chez nous notre rapport qualité/prix. On mange très bien à Roanne ! Il y a de la recherche. À nous de promouvoir nos talents, nos génies qui servent le territoire, dans la lignée de la bistronomie parisienne. Et la jeune génération de vignerons, qui développe une belle philosophie, n’a pas peur. Le Côte-roannaise bluffe aussi qualitativement !

Dans ce contexte sanitaire, c’est une édition différente qui est proposée.
Oui, nous devons nous adapter à l’évolution de la situation sanitaire. Aujourd’hui, nous sommes dans l’expectative face à la Covid-19 et aux mesures gouvernementales. Nous avons établi une programmation à l’aide de plusieurs scenarii.

Comment soutenir l’économie locale ?
Déjà, en maintenant le festival. Et nous avons souhaité travailler uniquement avec des artistes du territoire roannais ou originaires de la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’occasion de les aider et de les valoriser au maximum ! Grâce à cet évènement, la Ville met à l’honneur ses restaurateurs et leur savoir-faire en proposant des soirées originales qui permettent de satisfaire le plus grand nombre.

Quel est le temps fort à déguster absolument ?
Il est impératif que tout le monde découvre les Dîners dans le noir. Sans aucun repère, c’est une expérience olfactive et gustative dont on ressort avec la plus grande humilité.

*Contraction des mots « bistro » et « gastronomique »

Retrouvez les interviews de Perrine Perez et Régis Maynard

Originaire de Roanne, Perrine Perez jouera son spectacle lors de la nouvelle édition de RTO. Celle qui a dit non a, heureusement pour nous, bien accepté une rencontre avec Roanne Mag !

Quelles relations entretenez-vous à Roanne Table Ouverte ?

C’est ma première sur le festival. J’aime le fait que l’on réunisse gastronomie et spectacle vivant lors d’une seule soirée, dans un lieu qui offre des plaisirs gustatifs extraordinaires en Roannais. Je serai vraiment très proche des gens et j’adore cette proximité, sortir de ma zone de confort au théâtre pour jouer dans une configuration totalement différente. Je le vois comme un nouvel exercice, je suis hyper contente !

Présentez-nous votre spectacle à venir sur le festival.

Celle qui a dit non est l’histoire d’une fille qui a dit non le jour de son mariage et décide de changer de vie. Elle se rend rapidement compte qu’au quotidien, elle n’a jamais vraiment su dire non, ce qui a pu engendrer de mauvaises décisions. J’évoque les relations familiales, le poids des conventions sociales, le choc des générations… On suit la protagoniste et les différents personnages qui se dressent sur son chemin.

Au théâtre, j’ai une régie, une façon de gigoter sur scène. J’ai repensé le spectacle pour introduire de nouveaux sujets spécialement créées pour RTO.

Quel est votre attachement à Roanne ?

J’y ai vécu jusqu’à mes 18 ans. Je suis très attachée à Roanne. On dit à Paris que j’ai un côté chauvin, car je parle toujours de Roanne. J’évoque la ville dans mon spectacle, je n’avais pas envie de changer le nom. La place des promenades ou j’allais entre copains ou avec mes amoureux. Le pont de la Loire, particulièrement un 14 juillet. Des souvenirs que j’adore ! J’aime aussi beaucoup me balader autour du lac de Villerest. Ou sur le sentier le long du parc Beaulieu (Riorges), avant de méditer les pieds plongés dans l’eau bien fraîche du Renaison. Je me ressource beaucoup à Roanne, c’est génial de retrouver le territoire, la famille et la nature, la gastronomie locale (rires).

RTO ? L’une de mes premières retrouvailles avec la scène

Comment vivez-vous cette période compliquée pour les artistes ?

J’ai plutôt bien vécu le confinement, car j’ai réalisé beaucoup de vidéos pour alléger l’ambiance. Cela m’a permis de rester créative, de me challenger. J’ai reçu beaucoup de messages de gens à qui ça faisait du bien de rire. En sortie de confinement, j’ai eu une angoisse sur la suite des événements. En tant qu’artiste, on ne se sent pas soutenu par le gouvernement, on manque d’informations. Je jouais mon spectacle dans un théâtre de 110 places ; je ne peux pas le reprendre à la rentrée pour des raisons économiques. Je m’arme de patience et en profite pour écrire mon second spectacle, sous une forme différente.

Parallèlement, j’ai participé à une scène ouverte à la Comédie Caumartin (Paris). C’était un bonheur de retrouver la scène après quatre mois d’arrêt. J’étais heureuse, malgré cette ambiance bizarre avec une partie du public masquée.

Quels sont vos projets ?

Des tournages arrivent, des choses se mettent en place, mais cela met un peu de temps. J’espère que ça va vite se débloquer. Les dates sur RTO figureront parmi mes premières retrouvailles avec la scène. C’est un cadeau, je suis vraiment contente !

Je collabore depuis fin août à une émission radio présenté par Dominique Célières-Vadrot et Laurent Storch - ce dernier est également Roannais-, sur Vivre FM. Un billet d’humour à retrouver tous les lundis ! Je vais aussi participer pour la seconde fois au Téva Comedy Show. La chaîne m’a également proposé de participer à un spot pour la lutte contre le cancer du sein avec d’autres humoristes. Je reprendrai aussi en novembre Celle qui a dit non à la Royale Factory (Versailles). Avant un retour à Roanne avec un spectacle co-écrit avec Ludovic Berthillot au profit des Voiles de l’espoir.

Originaire de Roanne, Régis Maynard jouera son nouveau spectacle lors de la nouvelle édition de RTO. Rencontre avec le Capitaine Norman de Plus belle la vie.

Quelle relation entretenez-vous à Roanne Table Ouverte ?

Sur un plan très personnel, mes activités préférées sont de jouer et manger : ça tombe bien, RTO me propose de faire les deux ! En tant que comédien, j’aime cette proximité avec le public dans les restaurants. À la différence d’un théâtre traditionnel, la scène est ici au milieu des gens, il n’y a pas de fossé. C’est un moment festif et de partage (même si en ce moment, il est compliqué de parler de vase clos et de proximité physique à l’heure de la distanciation sociale). Chaque date est différente, chaque lieu et le rapport aux gens le sont aussi. J’aime ce côté « sur le fil ». RTO c’est aussi une rencontre avec un restaurateur. Le spectacle n’est pas que dans la salle, il est aussi dans l’assiette. Créer une soirée en osmose avec un restaurateur, un rythme à une soirée. Le succès de la soirée repose sur cette rencontre.

Vos meilleurs souvenirs ?

J’en ai plein. Notamment cette soirée de feu avec Le cabaret cannibal, avec Sophie des Tit’Nassels et David des Babylon Circus au Bonheur est dans le pré. La soirée avait largement dépassé le cadre du spectacle, qui avait fini en musique avec le public. C’était génial. J’ai aussi de supers souvenirs à L’aventure, où j’ai joué deux ou trois fois.

Présentez-nous votre spectacle à venir sur le festival.

Jean-Michel a trop dormi est un seul en scène spécialement créé pour RTO. Un solo théâtral, humoristique et dérisoire. Alors qu’un gars s’endort un peu bourré le soir de Noël 1978 pour se réveiller en 2020 : l’occasion de parler de l’évolution très rapide du monde, des transformations de notre univers en 40 ans. Il devrait renvoyer de l’absurdité de ce qu’on vit aujourd’hui, et le progrès qui ne nous simplifie pas forcément la vie.

Dans tout ce que j’écris, ce que je fais, ce que je vis… Roanne est présent !

Quel reste votre attachement à Roanne ?

Ce sont mes racines ! Je suis arrivé à l’âge de deux ans à Roanne, j’y connais beaucoup de monde. C’est là où j’ai grandi dans un HLM boulevard Edgar-Quinet, j’étais à l’école de la Livatte, j'y’ai traîné main dans la main avec ma mère… Mon attachement à Roanne transparait dans tout ce que j’écris, ce que je fais, ce que je vis. J’adore lever la tête sur RTO et retrouver les copains de 3e, les cousins éloignés... Les rues piétonnes restent le lieu de l’adolescence, les samedis après-midi en long, en large et en travers. Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente. Le quartier de la gare est superbe. Je suis très attaché à Charlieu où vivent mes parents.

Comment vivez-vous cette période compliquée pour les artistes ?

Par rapport à de nombreux copains artistes qui vivent uniquement de la scène, j’ai cette chance de jouer dans la série TV Plus belle la vie, où j’ai un rôle récurrent. Certes, on n’a pas tourné durant le confinement, mais on a repris le travail depuis le 26 mai avec un protocole strict. Les perspectives d’avenir sont dures pour tous, certains n’ont pas joué depuis février... Heureusement qu’il y a eu cette mesure de prolongation des droits de l’intermittence du spectacle jusqu’en août 2021 ! RTO rassemble deux mondes, la gastronomie et le spectacle, en souffrance avec la Covid : la Ville de Roanne réussit un vrai challenge cette année à maintenir l’édition 2020. Chapeau !

Quels sont vos projets ?

Je m’installe actuellement dans une nouvelle région, le Centre-Val-de-Loire, où je veux développer mes activités, à l’image de ma compagnie de théâtre. Je travaille sur un album de musique depuis 10 ans, j’espère lancer cet automne un crowdfunding pour financer le projet, baptisé Simple Charles. J’aimerais aussi faire tourner mes spectacles, et pourquoi pas connaître d’autres rôles. J’ai envie de jouer de jolis projets, je rêve de cinéma et de série Netflix. J’espère que cette année sera productive !

Dates RTO :
Régis Maynard : 12.10 - Le Bistrot des Princes / 13.10 - L’Aventure / 14.10 - L’Atelier Locavore / 15.10 - Le Tourdion.
Perrine Perez : 20.10 - L’Aventure / 21.10 - Le Petit Prince / 22.10 - Côte & Vignes.